Veille crypto-compliance du 15/06

Le monde des crypto-actifs attend avec impatience l’arrivée des banques et autres institutionnels dans le secteur. Effectivement, bien que la Société Générale ait missionné une équipe pour travailler sur les applications de la technologie Blockchain, les banques se montrent encore très méfiantes à l’égard de ces nouveaux actifs. Comme nous le disions dans un article précédent, au moindre soupçon elles n’hésitent pas à bloquer les transferts depuis et vers les entreprises de crypto-actifs.

Plusieurs raisons à cela mais la principale est bien réglementaire. Les banques ayant perdu leur autonomie à la suite des réglementations post-2008, elles veillent à ne pas contrarier leurs régulateurs. Ainsi, l’intérêt porté par le comité de Bâle aux crypto-actifs est pour ainsi dire une bonne nouvelle que nous étions nombreux à attendre. Le comité évoque bien évidemment les risques de fraudes, de blanchiment et de financement du terrorisme mais il décide de se concentrer sur un sujet encore délaissé : le contrôle prudentiel. Il est vrai que les pertes déclarées liées à des escroqueries tendent à baisser (4,1 milliards de dollars en 2019 contre 432 millions pour ce premier semestre 2021 d’après Ciphertrace). Pour protéger les banques et leurs clients des risques, le comité de Bâle propose d’introduire des exigences de capital pour tout investissement crypto sur le même modèle que ce qui existe d’ores-et-déjà dans la finance traditionnelle.

La difficulté de leur entreprise est sans aucun doute accrue du fait de l’évolution rapide des cryptos. Elle justifie ainsi une position très conservatrice de la part du comité qui imagine une réglementation basée sur une classification en deux groupes : d’une part les security tokens et les stable coins qui obéiraient au régime des actifs et instruments traditionnels et d’autre part les actifs construits sur une technologie comme le Bitcoin et décorélé de tout sous-jacent. Le risque associé étant significatif, le comité de Bâle envisage d’exiger des banques qu’elles détiennent en capital l’équivalent des sommes investies en cryptos. Le capital sera ainsi suffisant pour absorber le choc d’une chute du cours de l’actif.

Autre instance internationale, le Fonds Monétaire International a également alerté l’ensemble des acteurs sur le Bitcoin et la volonté du Salvador d’en faire une monnaie légale. Le porte-parole du FMI, Gerry Rice a ainsi dit : « L'adoption du bitcoin comme devise légale soulève un certain nombre de problèmes macroéconomiques, financiers et juridiques, qui requièrent une analyse très détaillée » et a complété en affirmant que « les actifs crypto peuvent poser des risques importants. Des mesures de régulation efficaces sont cruciales pour les traiter ».

On sent ainsi une certaine dualité de la part des régulateurs et acteurs publics : attrait d’un investissement qui peut rapporter beaucoup en peu de temps mais aussi une méfiance face à la volatilité et à la difficulté que l’on a à lui imposer un cadre qui pourrait porter atteinte à la souveraineté des États à terme. Cette ambivalence est particulièrement bien illustré par la Chine qui la même semaine annonce la fermeture des fermes à minage et l’avancée des recherches sur la création d’un Yuan digital.

L’autre grande nouvelle de la semaine fut sans aucun doute la levée de fonds de Ledger qui devient ainsi la première licorne française sur les crypto-actifs, marquant de ce fait l’entrée de la France dans la cour des grands.

About Flowdesk
Founded in April 2020, Flowdesk is one of the major market-makers and digital asset liquidity providers in Europe, and the first to be regulated in France. Developing a complete trading infrastructure using the latest cloud technologies and developing proprietary tools, Flowdesk proposes market-making, best execution and brokerage services in the best conditions by accessing the global crypto liquidity. Only one year after its creation, the company already counts 15 collaborators, and continues its expansion by proposing specialized and regulated services to answer institutional investors’ needs.

---

Contact
press@flowdesk.co